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Partant de la logique selon laquelle l’éducation est un droit humain fondamental, inhérent à tous les individus, chaque être humain devrait en bénéficier sans discrimination aucune (UNESCO, 2012).

A. CONTEXTE

Partant de la logique selon laquelle l’éducation est un droit humain fondamental, inhérent à tous les individus, chaque être humain devrait en bénéficier sans discrimination aucune (UNESCO, 2012). Il s’agirait d’un droit fondamental pour la plupart des pays, quel que soit leur classification dans les échelles de développement.

L’UNESCO considère par conséquent l’éducation comme la pierre angulaire du développement économique. L’éducation apparait donc capitale autant pour les connaissances générales acquises, que pour le développement de compétences nécessaires à l’emploi, et au travail qualifié. Une population éduquée peut représenter, selon l’UNICEF, une clé pour le développement d’un pays ou d’une nation (UNICEF, 2012).

Bokova (2012), directrice générale de l’UNESCO depuis 2009, soutient à cet effet que les filles et les femmes sont encore privées d’une pleine égalité des chances en matière d’éducation. Même si des progrès ont été réalisés sur la voie de la parité au niveau de l’enseignement primaire, des efforts restent encore à faire au niveau du secondaire surtout dans les régions en développement. Elle soutient que la crise économique mondiale creuse les inégalités, qui sont accentuées par les coupes que subissent les budgets de l’éducation et par la stagnation du soutien apporté au développement.

Le Cameroun, classé parmi les pays en voie de développement, connait cependant des déficits dans l’accès à l’enseignement en dépit des efforts considérables des pouvoirs publics et de la communauté s’intéressant à l’éducation par la scolarisation.

Au Cameroun, les pouvoirs publics ont constaté que les filles sont plus sujettes au décrochage scolaire, en particulier dans les trois régions du Septentrion, qui accusent un retard significatif de  développement par rapport à d’autres régions du pays. La situation limite la réalisation des objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020 – 2030 (SND30) qui vise un accès équitable pour tous à l’éducation.

  1. Vue d’ensemble mondiale de la scolarisation des filles

L’une des préoccupations majeure de la communauté internationale est d’améliorer l’accès à une éducation de qualité à tous les niveaux, du préscolaire à l’enseignement supérieur. Selon les chiffres apportés par l’UNESCO (2012), 21 millions de filles dans le monde n’ont pas accès à l’enseignement primaire. Quatre millions de plus que les garçons dont le nombre serait de l’ordre de 17 millions. Toujours selon ces statistiques, deux analphabètes sur trois sont des femmes. Dans un contexte large visant l’égalité des genres, l’UNESCO s’intéresse particulièrement à l’égalité dans l’éducation à travers des politiques sur le plan économique, social et politique. Leurs initiatives ont pour but de favoriser le développement durable pour l’ensemble des sociétés en tenant compte du pouvoir de transformation que représente l’éducation des filles et des femmes (Bokova, 2012).

  1. Enjeux de la scolarisation des filles au Cameroun

Malgré que le Plan Cameroun (2012) déclare que, la jeune fille a droit à l’éducation au même titre que le jeune garçon, puisque l’éducation est comprise comme étant un droit fondamental sans restriction, la problématique de la scolarisation de la jeune fille au Cameroun demeure d’actualité.

Pour la Communauté internationale à travers des organismes tels l’UNICEF et l’UNESCO, le cas des jeunes filles qui ont réussi à accéder à l’éducation en s’intégrant dans la sphère éducative constitue un exemple de la femme non seulement éduquée mais également instruite pour son plein épanouissement, celui de sa famille et de la société toute entière.

En effet, le Cameroun soutient le même discours que les organismes internationaux pour œuvrer en faveur de la scolarisation des filles. Seulement, en dépit des efforts menés çà et là par les acteurs pour faire la promotion de l’éducation en faveur des filles, l’analyse de la situation de leur scolarisation révèle qu’elles sont encore confrontées à un certain nombre de problèmes qui entravent leurs études tels que le maintien à l’école, les abandons en cours d’étude, la baisse de performances scolaires, les déperditions scolaires (Noumba, 2007).

Le gouvernement Camerounais mène par ailleurs des actions ciblées à l’endroit des filles dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. C’est notamment le cas du programme SWEDD mis en œuvre par le gouvernement avec ses partenaires au développement dont la Banque mondiale.

B. LE DECROCHAGE SCOLAIRE : TENTATIVE DE DEFINITION

Le décrochage scolaire est un concept plurivoque. Il est employé lorsqu’un élève quitte l’institution scolaire, abandonne ses études, arrête le cursus en cours avant qu’il soit terminé. Selon le Ministère de l'Éducation, il désigne le processus par lequel un élève quitte le système de formation initiale avant d'avoir obtenu un diplôme de fin d'études secondaires. L’UNICEF par contre définit le décrochage scolaire non pas comme un simple échec ponctuel, mais comme un processus multifactoriel de rupture et d'exclusion. Selon l’UNESCO, il désigne l'arrêt temporaire ou définitif des études avant l'obtention d'un diplôme ou d'une qualification reconnue.

D’après la définition de Delvaux (2000), le décrochage scolaire est la rupture temporaire ou définitive de la scolarité d’un élève suivant un processus de déscolarisation avec pour caractéristiques l’arrêt des études avant l’obtention d’un diplôme. Les jeunes se retrouvent ainsi évincés du système scolaire sans diplômes et sans qualifications. Il ne s'agit pas d'un événement soudain, mais d'un processus cumulatif de désengagement, nourri par des facteurs sociaux, économiques et psychologiques.

Plusieurs termes utilisés aujourd’hui pour parler de décrochage scolaire font apparaitre celui-ci comme un processus lent dans lequel des événements personnels, liés aux apprentissages et aux affects des jeunes adolescents ont lieu, à l’instar de :

  • L’Échec scolaire

L'échec scolaire désigne l'incapacité pour un élève d'atteindre les objectifs fixés par le système éducatif. Cela se traduit souvent par une accumulation de mauvaises notes, un redoublement, une orientation subie, ou dans les cas les plus graves, par un décrochage scolaire. L’échec scolaire n’est donc pas un objet en soi, mais représente plutôt un indicateur d’un problème social (Van Zanten, 2008).

  • L’Abandon scolaire

L’abandon est un phénomène complexe d’interruption temporaire ou définitive des études par les jeunes des différents cycles à savoir, primaire, secondaire ou universitaire, et ceci avant l’obtention d’un diplôme, d’un certificat ou d’une attestation d’études de la part de l’institution d’enseignement à laquelle l’élève est affilié (Janosz, Leblanc, Boulerice & Tremblay, 2000). Elle donne une indication sur la durée de rétention à l’école et sur le nombre d’années de scolarisation.

  • Déscolarisation
source LA CROIX
source:LA CROIX

La notion de déscolarisation est le processus d’entrée en crise de la relation que les élèves entretiennent avec l’institution scolaire et la façon dont ils se trouvent exclus ou tendent eux-mêmes à échapper à l’obligation scolaire. Autrement dit, il est question ici de désigner une fraction de la population scolarisable enfermée dans le cadre institutionnel sous l’emprise de la politique scolaire (Van Zanten, 2008).

  • Rupture scolaire

On parle de rupture scolaire lorsqu’un jeune quitte le système scolaire, rompant ainsi ses liens avec l’école (Glasman, 2000).

Le décrochage scolaire semble marqué d’événements scolaires ayant eu lieu dans le parcours de chaque élève, événements en lien avec l’école (ses activités, son organisation), avec les enseignants et enseignantes et avec les autres élèves; mais aussi en lien avec la famille, le groupe social et leurs valeurs et avec le milieu de vie.

C. CAS DU CAMEROUN

Le décrochage scolaire au Cameroun est un problème social d’envergure qu’on ne peut nier ni dissimuler. Le problème se caractérise par l’abandon des études lorsqu’elles sont encore en cours, la rupture des études, la sortie du système scolaire sans diplôme ni qualification ce qui représente une ouverture au monde du chômage

Selon les statistiques de l’Office du Baccalaureat du Cameroun, l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord se retrouvent parmi les quatre régions ayant enregistré le pourcentage de réussite le plus faible  à la session 2024 du baccalauréat, examen qui clôt le cursus du secondaire dans le sous-système francophone au Cameroun. La région de l’Extrême-Nord, en particulier, détient un taux de réussite de 20,91%, représentant le taux le plus faible au classement 2024 de l’OBC (Office du Baccalauréat Cameroun).

Le gouvernement camerounais reconnaît que les trois régions accusent un retard significatif en matière de développement, qui affecte l’accès des populations à l’éducation, et de manière plus accentuée les filles : plus vulnérables et sujettes à des risques d’abandon scolaire du fait de mariages et de grossesses précoces.

Source : KELetude le blog
Source : KELetude le blog

En adhérant en 2019 au Projet d’autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (SWEDD),  le Cameroun a entrepris de mettre en œuvre des mesures de soutien à la scolarisation des filles dans les régions du Septentrion. Dans la Stratégie nationale de développement 2020 /2030 du Cameroun (SND30), le gouvernement reconnait “d’importantes disparités régionales et locales” dans le cadre de l’équité et de l’accès à l’éducation.

La Stratégie relève que les filles sont les plus concernées et le phénomène varie d’une région à l’autre. Les interventions du projet SWEDD sont spécifiquement dédiées aux adolescentes et jeunes femmes de 10 à 19 ans, identifiées comme les plus vulnérables aux mariages et grossesses précoces et à la déscolarisation. Le projet cible essentiellement les régions de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord et du Nord. 

D. CAUSES DU DECROCHAGE SCOLAIRE DES FILLES AU CAMEROUN (régions du septentrion)

L’accès des jeunes filles à l’éducation demeure limité dans les régions du septentrion au Cameroun. C’est en raison de la situation économique difficile que connaissent de nombreuses familles. À cela s’ajoute un contexte sécuritaire marqué par les attaques récurrentes des groupes armés non étatiques. Plusieurs causes peuvent être évoquées pour expliquer le décrochage scolaire des filles dans cette zone.

  • Des garçons scolarisés au détriment des filles

Au Cameroun, la scolarisation des garçons au détriment des filles reste une réalité marquée par d'importantes disparités régionales et économiques, malgré les efforts gouvernementaux pour instaurer la gratuité de l'école primaire publique. Selon les données partagées par l'UNESCO, l'écart s'accentue tout au long du parcours scolaire : si le taux de scolarisation au primaire affiche une légère différence (98 % pour les garçons contre 92 % pour les filles), l'enseignement secondaire ne compte plus que 43 % de filles contre 48 % de garçons, et l'enseignement supérieur chute à seulement 6 % de femmes contre 11 % d'hommes.

Faute de moyens financiers, des parents affirment privilégier la scolarisation des garçons perçus comme les futurs piliers financiers du foyer à celle des filles.

La pauvreté

Selon coalition éducation, la pauvreté et les tâches ménagère sont les principaux obstacles à l’accès à l’éducation. « 25 % des personnes non scolarisées déclarent ne pas aller à l’école à cause des travaux ménagers et des responsabilités familiales » et « 20,83 % des enfants non scolarisés déclarant ne pas avoir les moyens de payer l’école ». « Ces deux facteurs sont intrinsèquement liés, car selon un grand nombre d’adolescentes, les tâches ménagères et les responsabilités familiales qu’elles assument renforcent les capacités d’adaptation de leur foyer et permettent à d’autres membres de la famille de s’engager dans des activités de subsistance. » indique le rapport de Plan International.

source : coalitions éducation
source: coalitions éducation

La situation économique des parents a un impact spécifique sur les possibilités d’accès à l’éducation des filles à tous les niveaux, et notamment au secondaire. Les filles souffrent de discrimination. Certains parents et tuteurs préfèrent envoyer les garçons à l’école, car ceux-ci deviendront un jour des chefs de famille. Les situations de crise constituent des causes de déscolarisation importante.

  • Des mariages précoces et grossesses freinent l’éducation des filles

Au Cameroun de façon générale, une adolescente sur quatre tombes enceintes principalement en raison du faible niveau d'éducation ainsi que du manque d'accès aux contraceptifs et aux informations sur la santé sexuelle et reproductive. Et ceci est particulièrement vrai pour les jeunes filles des communautés rurales les plus vulnérables. Notamment, le taux de 24 % de grossesses chez les adolescentes au Cameroun est le plus élevé d'Afrique centrale, ce qui a un impact sur la croissance économique et le capital humain du pays.

Dans les régions du septentrion souvent, les filles sont données en mariage avant même d’avoir terminé leur cursus scolaire. Ces mariages précoces provoquent parfois des conflits familiaux et compromettent l’avenir de ces jeunes filles. D’après des données disponibles sur le site du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, 62% des filles de 10 à 19 ans au Cameroun, soit 1,6 millions des filles, sont vulnérables aux mariages et grossesses précoces et à la déscolarisation. Dans les trois régions du septentrion, cette proportion est évaluée à près de 87%, soit plus de 700 000 filles.

  • Poids des traditions et normes de genre :

Les tâches domestiques et les travaux champêtres incombent souvent aux jeunes filles, ce qui impacte négativement leurs résultats scolaires et leur assiduité

  • l’éloignement des établissements post-primaires

Les coûts de transport, le manque de cahiers et d’uniformes, le manque d’enseignants, la qualité des enseignements, la distance à parcourir pour se rendre à l’école, l’absence de moyens de transport, compromettent fortement les chances d’aller à l’école. 

  • Violences et abus :

Le harcèlement et les abus sexuels (en milieu scolaire ou familial) créent un environnement insécurisant qui pousse les filles à fuir l'école.  Dans certaines localités, l’inquiétude des familles concernant la sécurité des filles sur le chemin de l’école, le poids des réalités socio-culturelles avec la persistance de certaines pratiques traditionnelles comme les dotes et les rapts, le faible niveau d’estime de soi des filles, les violences basées sur le genre…

  • Gestion des menstrues :

Le manque de latrines adaptées, d'hygiène et de protections périodiques constitue un facteur de stress et d'absentéisme récurrent, pouvant mener à l'abandon.

  • Instabilité sécuritaire :

Dans les régions en crise (comme le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ou l'Extrême-Nord), les déplacements de populations et les attaques d'établissements scolaires pénalisent particulièrement l'éducation des filles.  La fermeture d’écoles à la suite des conflits et la crainte d’attaques par des groupes armés, compromettent également fortement les chances d’aller à l’école.

Les conditions sécuritaire difficiles, marquées par les attaques répétées des groupes armés non étatiques, notamment, Boko Haram, accélèrent la déscolarisation des filles. Ces violences entraînent souvent le déplacement des populations et la fermeture des dizaines d’écoles.

E. CONSEQUENCES DU DECROCHAGE SCOLAIRE

Le décrochage scolaire a des répercussions durables, non seulement sur les enfants qui quittent le système éducatif, mais aussi sur la société dans son ensemble. Voici quelques conséquences majeures.

Répercussions sur les perspectives économiques

Les enfants qui abandonnent l'école sont moins susceptibles d’obtenir des emplois décents et bien rémunérés à l'avenir. Le manque d'éducation limite leurs opportunités d'emploi, les enfermant souvent dans des cycles de pauvreté. Pour les nations africaines en développement, une main-d'œuvre non qualifiée représente également un frein au progrès économique global.

La déscolarisation prive l'économie de main-d'œuvre qualifiée et limite les revenus individuels sur le long terme. Les jeunes sans diplôme peinent à subvenir à leurs besoins, perpétuant ainsi la précarité familiale.

Inégalités de genre renforcées

Le décrochage scolaire accentue les inégalités entre les sexes, notamment dans l’accès aux opportunités économiques et sociales. Les filles qui abandonnent l’école sont souvent cantonnées aux tâches domestiques et n’ont pas les moyens de sortir de la pauvreté. Les filles déscolarisées sont plus exposées aux grossesses précoces, aux mariages forcés et aux abus, freinant leur émancipation.

Impact sur le développement national

Des taux de décrochage scolaire élevés freinent le développement national en limitant la formation d'une main-d'œuvre qualifiée. Cela affecte également la capacité des pays à innover, à attirer des investissements étrangers et à améliorer les conditions de vie de leurs citoyens.

F. PISTES DE SOLUTIONS

  1. Projet SWEDD (Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel)

Le SWEDD a mis sur pieds plusieurs programmes en vue de réduire le taux de déscolarisation des filles dans les régions du septentrion. Ce projet s’articule sur plusieurs composantes.

1.1 Composante 1

Améliorer la demande régionale pour les services de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile et renforcer le niveau d'autonomisation des femmes et des adolescentes :

  • 155 000 adolescentes ont bénéficié d’au moins une intervention relative à la scolarisation (services de transport, hébergement, nourriture, fournitures scolaires, cours supplémentaires).
  • 40 000 adolescentes, de jeunes filles et de femmes ont bénéficié d’au moins une intervention de support économique (formation professionnelle, crédit, subvention d’actif productif).

1.2 Composante 2

sources: SWEDD
sources: SWEDD

Renforcer les capacités régionales pour la mise à disposition des produits de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle et de personnel sanitaire

  • 144 000 nouvelles utilisatrices d’une méthode de contraception moderne.
  • 90 sages-femmes dans les zones d’intervention du projet ont complété leur formation de base par des sessions de formation continue de courte durée dans le cadre de l’assurance qualité des services de santé de la reproduction (SONU, PF y compris PF du post-partum et genre).

1.3 Composante 3

Favoriser l'engagement politique et renforcer la capacité d'élaboration de politiques et de mise en œuvre du projet

  • Adoption prévue en 2024 du principe de budgétisation sensible au dividende démographique
  • 3 cadres juridiques nationaux et régionaux en faveur de la scolarisation et du maintien des filles à l’école, de la santé reproductive des adolescents, et de l’abandon des violences basées sur le genre (VBG) et des pratiques néfastes d’ici fin 2024.
  • Mise en place en 2024 d'un observatoire de dividende démographique fonctionnel
  • 10 publications nationale et régionale portant sur la transition démographique, les questions de population et le dividende démographique programmées en 2024.
  • 1500 leaders communautaires et religieux à engager activement pour promouvoir la scolarisation et le maintien des filles à l’école, la santé reproductive des adolescents, et l’abandon des VBG et des pratiques néfastes d’ici fin 2024.
  • 100 % de plaintes enregistrées sont effectivement traitées en 2024.

De plus, Le 21 octobre 2024, le projet SWEDD a procédé, au lycée de Gashiga dans le Nord, au lancement d’une campagne de distributions de kits scolaires. Objectif : distribuer 30 000 kits à des filles scolarisées dans des établissements francophones et anglophones au Nord, à l’Extrême-Nord et dans l’Adamaoua ; pour pallier la rareté des ressources. 

En distribuant des fournitures essentielles, aux filles du cours moyen 2 dans le primaire ainsi qu’à celles de la sixième à la terminale dans le secondaire, le projet SWEDD cherche à renforcer le taux de rétention scolaire. Des bourses et mesures spéciales pour booster la scolarisation des filles (sources RNI (radio ndarason internationale)

  1. Des programmes et réformes en faveur de la scolarisation des filles

Pour encourager les filles à rester à l’école, des récentes réformes leur permettent de poursuivre leurs études même en cas de grossesse, réduisant ainsi le taux d’abandon scolaire lié aux grossesses précoces. Des campagnes de sensibilisation visent également les parents à scolariser leurs filles et à s’opposer aux mariages précoces avec l’implication des autorités locales, des leaders communautaires et des organisations de la société civile. Parallèlement, des sessions de formation et de sensibilisation sont organisées pour informer les filles et les femmes sur leurs droits et les moyens de les exercer dans le but de les autonomiser et de les encourager à poursuivre leurs études.

Source Unesco
Source: Unesco

Pour relever ces défis, le gouvernement camerounais, en partenariat avec plusieurs organisations non gouvernementales a mis en place des programmes de sensibilisation, des bourses scolaires et des mesures de protection contre le mariage précoce afin de créer un environnement favorable à l’éducation des filles. L’accès à l’éducation des filles bénéficie de plusieurs mesures législatives et initiatives. La gratuité de l’enseignement primaire facilite l’inscription de tous les enfants, tandis que la loi N° 2005/015 protège les mineurs contre le travail forcé et la traite soutenant leur scolarisation.

  1. Eliminer la discrimination dans la scolarité

Selon la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes de 1979, les filles doivent bénéficier des mêmes droits que les garçons dans l’éducation. Cela signifie un accès équitable à tous les niveaux scolaires, des enseignants et équipements de qualité identiques, ainsi que des bourses et programmes de formation accessibles à tous. L’objectif est également de lutter contre les stéréotypes de genre et de favoriser l’éducation mixte, tout en réduisant les écarts d’instruction existants

  1. Le soutien des leaders traditionnels

Certains chefs traditionnels sensibilisent les parents à envoyer massivement leurs filles à l’école ; ils espèrent les former à devenir des futures cadres de la région.  Blama Mahamat Abdoulaye (chef traditionnel) conseille et sensibilise les parents à envoyer leurs filles à l’école. Il indique que les familles qui rencontrent des difficultés à scolariser leurs enfants bénéficient parfois de soutiens. Pas de doute pour lui, l’éducation des filles participe à l’autonomisation des femmes. C’est aussi un puissant levier de développement durable pour tout le Cameroun.

  1. Investir dans les infrastructures éducatives

Les gouvernements et les organisations internationales doivent s'engager à construire davantage d’écoles dans les zones rurales et à améliorer les infrastructures existantes. Cela inclut l'équipement des salles de classe, la formation des enseignants et l’assurance que les écoles soient facilement accessibles pour tous les enfants.

  1. Initiative éducation plus

Le lundi 21 juin 2021 au cours d'une cérémonie à Yaoundé, présidée par le Premier ministre et chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, et le Coordonnateur Résident du système des Nations Unies au Cameroun, Matthias Z. Naab , l'ONUSIDA, l'UNESCO, l'UNFPA, l'UNICEF et ONU-Femmes mettent en place une nouvelle initiative en faveur de l’éducation et de l’émancipation des adolescentes dénommée « Education plus »

Source: SWEED
Source: SWEED

Education Plus est une initiative de plaidoyer de haut niveau, ayant pour objectif d’éliminer les infections au VIH en retenant davantage de filles dans l'éducation jusqu'à la fin de l'enseignement secondaire. Il vise également à doter les adolescents, filles et garçons, d'un ensemble complet de services "plus" leur permettant de satisfaire leurs besoins fondamentaux pour une transition saine et réussie vers l'âge adulte.

Le lancement de cette initiative novatrice marque un engagement conjoint entre le gouvernement du Cameroun et le système des Nations Unies au Cameroun dans la mise en œuvre de l'Agenda 2030 des Nations Unies pour accélérer les progrès vers les Objectifs de Développement Durable (ODD).

Au Cameroun, les adolescentes et les jeunes femmes (15-24 ans) sont neuf fois plus susceptibles de contracter le VIH que leurs homologues masculins, selon l'enquête CAMPHIA (2017). Les taux d'abandon scolaire restent élevés, en particulier chez les filles, en raison également d'un nombre élevé de grossesses précoces et non désirées, de mariages précoces et de multiples formes de violence sexiste et de violence entre partenaires intimes. Ces défis, nécessitent une réponse holistique et multisectorielle tirant parti des avantages interconnectés d'un meilleur accès à l'éducation, à la santé, à la formation professionnelle, à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène, ainsi que des politiques et stratégies qui contribuent à promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes.

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